Média-Plus Algérie
Librairie et éditions


L'ancien emplacement de Media-Plus place des Martyrs

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Média-Plus Algérie
Librairie, Edition

32 rue Abane Ramdane
25000 CONSTANTINE

Tél : +213 550 62 14 75

Contact : Saïd Yassine Hannachi (directeur des éditions Média-Plus Algérie)
mediaplusalgerie@yahoo.fr

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Un entretien avec Yassine Hannachi pour TV5MONDE

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Publications des éditions Média-Plus Algérie

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La Tribune - Jeudi 23 Novembre 2006

La maison d'édition constantinoise a fait sien le challenge de publier un livre par mois

Cinq titres de Média-Plus retenus pour «Alger, capitale de la culture arabe 2007»

Par A. Lemili

En sélectionnant Média-Plus, dans le cadre de l'édition, de la réédition, voire de la traduction, la commission de sélection du commissariat d'«Alger, capitale de la culture arabe 2007» n'a fait que restituer dans son contexte le mérite d'un éditeur, véritable sentinelle d'un exercice menacé d'extinction : la lecture et tout ce qui peut lui être apparenté en matière de convivialité intellectuelle et nourriture de l'esprit.
Dans une cité qui, sur ce strict aspect, se désertifie, Yacine Hannachi n'en continue pas moins d'être présent après l'avoir toujours été sans désemparer et au moment où la plus grande désaffection laminait l'univers du livre. Son antre et son contenu livresque sont non seulement connus par la qualité et la ponctualité des ouvrages exposés mais également pour ne pas dire particulièrement par les rencontres qu'il organise depuis qu'il a fait son choix, autrement dit depuis 1991.
Avec trente-cinq titres édités et plus de cent rencontres avec les auteurs les plus prestigieux nationaux et étrangers et prochainement l'édition d'une ouvre imagée de Yann Arthus Bertrand accompagnée d'un texte de Marc Cote intitulé Constantine vue du ciel dont la sortie coïncidera avec le Salon du livre de Paris au mois de mars 2007, Yacine Hannachi demeure incontournable à Constantine, eu égard au purisme qui le caractérise dans le domaine. C'est sans nul doute en raison de cette carte de visite que la commission de sélection d'«Alger capitale de la culture arabe» l'a retenu. Une satisfaction pour l'éditeur qui reste quelque peu sur sa faim sachant qu'il avait proposé à la traduction dix ouvres, le choix étant dicté par un professionnalisme et une rigueur intellectuelle sans conteste. Je t'offrirai une gazelle, le Quai aux fleurs ne répond plus, Constantine, une ville, des héritages figurent parmi les titres retenus mais c'est plus particulièrement le choix de la Ferme Ameziane qui ayant marqué ses premiers pas d'éditeur qui l'a le plus marqué, au motif qu'il garde à l'endroit de l'ouvre évoquée un lien affectif. Son regret reste que l'un des ouvrages les plus sollicités et le plus accompli, en l'occurrence le Guide d'Algérie de Marc Cote n'ait pas été retenu alors qu'en raison de la demande, il en est pourtant à sa deuxième réédition.
Média-Plus a fait sien le challenge d'éditer un livre par mois. C'est ce qui est fait. L'éditeur en est à son septième pour clôturer l'année sur dix ouvres. «Les mois de juillet et août étant en général exclus dans le monde de l'édition» explique-t-il. Par ailleurs, il est fort probable, que fort de l'exclusivité dont il a bénéficié auprès de Yann Arthus Bertrand pour Constantine vue du ciel, Y. Hannachi aura la primauté des mêmes projets pour le sud et l'ouest du pays. Dans une correspondance qu'il nous été donné de lire, Y. A. Bertrand se dit «ravi de réaliser un livre sur Constantine tout en remerciant vivement Hannachi et Média-Plus de l'intérêt manifesté pour son travail». Soulignons enfin que l'éclectisme entre histoire, patrimoine et littérature est la marque de fabrique de Média-Plus. Normal dirait-on, compte tenu du parcours de son gérant-proprié taire dont la carte de visite est des plus éloquentes : membre fondateur et ancien vice-président du Syndicat national du livre, membre fondateur et ancien vice-président de l'Association des libraires algériens. Quant aux rencontres littéraires qu'abritaient jusque-là Média-Plus, elles devraient reprendre à partir du 30 novembre prochain avec la vente-dédicace du livre de Zoubir Souissi la Tête des orphelins, laquelle serait suivie de la venue de Maïssa Bey avec Bleu, Blanc, Vert et très certainement de Ahmed Taleb Ibrahimi pour Mémoires d'un Algérien.   

A. L.


Algérie 213 - 7 mai 2007

Saïd Yassine Hannachi (Éditeur et libraire de Média-Plus)

C'est un espace culturel et de proximité « militante » que celui de la librairie Média-Plus à Constantine. Une tribune livresque qui a vu le jour, en 1991, sous les auspices de Saïd Yassine Hannachi.

La librairie Média...un plus de proximité culturelle à Constantine...
Librairie générale. Un fonds d'ouvrages dans différentes disciplines. La librairie Média-Plus se distingue par l'animation culturelle qu'elle produit à longueur d'année pour la promotion du livre et de la lecture.
Les cafés littéraires et autres ventes-dédicaces sont devenus des traditions...
Une centaine d'auteur(e)s connus, mais aussi des jeunes talents sont passés pour des rencontres-débats, présentations d'ouvrages et signatures. Bon nombre d'invités avaient drainé un grand public. Des moments forts et inoubliables... !
Depuis quatre ans, vous avez initié une opération estivalement livresque : L'été en poche..
Opération unique en son genre, lancée en 2003, le principe est simple : contribuer à la promotion de la lecture, mettre à la disposition des clients le maximum de titres et, pourquoi pas, améliorer par la même occasion notre instable chiffre d'affaires. Lors de cette vente promotionnelle, la librairie se transforme en une grande pochothèque, du 21 juin au 21 juillet. Notre vou est de donner un cachet particulier aux prochaines éditions : thématique, café littéraire et signatures. et, pourquoi pas, ne pas organiser un concours en fonction de la thématique retenue où les trois vainqueurs (lectrices et lecteurs) seront récompensés lors de chaque édition. Tout dépendra de la contribution des sponsors et de nos partenaires.

Une livre passion fidélisée...
Oui, avec des ouvertures de la librairie en nocturne, chaque mois de Ramadan, avec une activité culturelle particulière en ce mois sacré. La mise à la disposition des clients d'une carte de fidélité avec une ristourne symbolique nous a permis de fidéliser un nombre non négligeable, malheureusement, cette expérience n'a pas trop duré. En ce moment, nous sommes en phase de réflexion pour sa reprise. D'autres initiatives ont été tentées par le passé : ouverture d'un espace universitaire, aménagement d'un espace enfance et jeunesse, l'organisation d'une quinzaine du livre portant sur les éditions Gallimard, en collaboration avec Edif 2000.Le lectorat existe même si l'on a enregistré une baisse des ventes, ces dernières années. Il suffit de le fidéliser, de répondre à ses attentes et, surtout, de mettre à sa disposition les ouvrages qu'il désire acquérir. Si la production nationale ne pose pas de problème en matière de disponibilité, ce n'est toujours pas évident quand il s'agit de livres d'importation et des nouveautés. On essaye de faire le maximum mais l'écart entre l'offre et la demande persiste avec, en sus, la cherté de certains titres malgré les efforts de certains importateurs qui se sont avérés de bons partenaires pour les libraires.

Cependant, des librairies ferment...
Il est toujours regrettable qu'une librairie ferme ses portes, c'est la mise à l'écart d'un passeur de texte, d'un vecteur culturel et, par là même, une restriction d'un champ culturel, de liberté et de savoir. La reprise de la librairie du Tiers Monde par Casbah éditions est un exemple à suivre.Aussi, faut-il souligner que d'autres espaces artistiques et livresques ont vu le jour à Alger (espace Noun, Arts en liberté, Point virgule, Mille feuilles, librairie de l'Enag.). Par contre,on ne peut qu'exprimer ses inquiétudes si des librairies disparaissent, sans faire de bruit, suite à des difficultés d'exercer ou faute de moyens financiers.

Quels sont les problèmes rencontrés ?
Les difficultés d'exercer sont dans, l'ensemble, identifiés. L'absence de lois a engendré, entre autres, une certaine confusion des rôles, d'où la nécessité de clarifier les prérogatives de chaque intervenant dans la chaîne du livre.
Le phénomène des expo-ventes permanentes est-il un handicap pour la librairie traditionnelle ?
Le libraire ne peut vivre exclusivement de la vente au détail, il a besoin de vendre le livre scolaire et de bénéficier d'une part du marché des institutions et des bibliothèques pour mieux fonctionner, rentabiliser son affaire et jouer pleinement son rôle de vecteur culturel. A ce sujet, je me réfère le plus souvent à deux lois étrangères qui méritent réflexion : en France, la loi Jack Lang sur le prix unique du livre, promulguée en 1985, a sauvé les librairies face aux menaces de grandes surfaces qui accordaient des remises conséquentes. Au Canada, le gouvernement québécois avait instauré, en 1981, la loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre. Cette loi a entraîné de profondes modifications dans l'industrie du livre, comme l'application d'une remise de 40% pour les ouvrages de littérature générale, et de 30% pour les ouvrages techniques et scientifiques, l'obligation des institutions à s'approvisionner auprès des libraires agréés de leurs territoires d'appartenance.Ces mesures, ainsi que d'autres non énoncées, ont non seulement sauvé les librairies existantes mais, surtout, contribué à l'ouverture d'autres espaces tout en entraînant une restructuration de la chaîne du livre.

Et l'édition proprement dite ?
Nous avons commencé l'édition dans une période très difficile vécue par l'ensemble des Algériens. Après la publication d'une dizaine de titres, entre 1993 et 1997, notre activité éditoriale avait cessé, une parenthèse extrêmement pénible. On ne pouvait plus tenir face à des difficultés de trésorerie et à un manque flagrant d'aide à la publication. Nous étions donc obligés d'abandonner, momentanément, l'édition pour nous consacrer exclusivement à la librairie. Ayant déjà tracé notre ligne éditoriale (histoire, patrimoine, littérature, beaux livres), nous avions entrepris, en 2003, de rouvrir notre catalogue par la réédition des ouvres de Malek Haddad, suivies de trois ouvrages sur l'histoire de Constantine : la Ville imprenable, d'Isabelle Grangaud, Constantine : une ville, des héritages, réalisé par un collectif d'universitaires, Constantine sous Salah Bey, de F.Z Guechi et Algérie espace et société, de Marc Côte. Notre principal objectif, publier un livre par mois pour tenir, et ne pas forcer sur les tirages, tout en évitant les quelques erreurs du passé. Bien que très modeste, le pari a été tenu dans l'ensemble, du moins ces deux dernières années. Parmi les titres publiés en 2006, figurent les Belles Algériennes, de Nassira Belloula, l'Algérie des conteuses, de Zineb Labidi, Quel habitat pour l'Algérie ? de Nacira Meghraoui alors que le Guide d'Algérie, de Marc Côte, republié récemment, enregistre un vif succès.

Avez-vous des projets d'édition pour 2007 ?
6 ouvrages sont, actuellement, en chantier. Par ailleurs, il faudrait une loi sur le développement des métiers du livre, la création d'une association nationale visant à mettre « le livre partout et pour tous », soutenue par les ministères de l'Education et de la Culture, et, enfin, une structure unie des professionnels du livre. Enfin, je terminerai par ces petits extraits de l'allocution du ministre de la Culture du Liban, (au colloque des libraires francophones, Beyrouth, octobre 2001) : « A-t-on, un jour, tenté d'imaginer ce qu'auraient été nos vies sans livres ? (.) Cette question interpelle l'homme qui, s'il devait rendre honnêtement son dû, avouerait tout devoir, ou presque, aux livres. ».


La Tribune - Octobre 2008

Rentrée littéraire à Constantine : Média Plus dévoile ses parutions

Constantine demeure la capitale par excellence du malouf, mais elle est aussi la citadelle incontournable et inépuisable du monde livresque. Eh oui. même à la province excentrée des plateaux de promotion somme toute faite et de la facilité de proximité en matière d'édition et de promotion, la ville chère à Malek Haddad se démène un tant soit peu pour figurer, voire donner vie au livre et à la création. Si celle-ci répond, du moins, aux aspirations et attentes des lecteurs en général. Une lutte en «pavé» consistant à faire sortir la cité de sa léthargie de l'édition, faute d'une écriture locale peu évocatrice répondant à la demande. Est-il permis d'évoquer une quelconque rentrée littéraire sans la rattacher au giron qui la propulse au devant des salons ? «Le passeur d'idées et découvreur de talents» est l'éditeur, comme l'explicite de fort belle manière un confrère aux lettres majuscules. Qu'en est-il exactement de cette fonction à Constantine, souvent confondue parfois avec les travaux d'imprimerie ? Il nous est difficile de répertorier les maisons d'édition activant à travers la wilaya. Cela dit, il faut dissocier celles qui font ce noble art de celles qui en soutirent ses lettres de noblesse.

Le nombre en baisse des librairies à Constantine illustre on ne peut plus clairement l'Etat critique de la promotion du livre. La culture de ladite rentrée n'est malheureusement pas perçue à sa juste valeur dans la capitale de l'Est. Elle se confond généralement avec la rentrée scolaire. Tant la majorité des libraires - s'ils conservent leur nom - ne se soucient nullement du devenir du livre face aux souillures qui le stigmatisent à longueur d'année. Des expositions sans thématiques, de la braderie à l'image d'un souk. Ce ne sont pas ces acteurs du massacre qui veilleront assurément à la survie du contenu. Une rentrée littéraire, faudra-t-il la préparer à la racine pour la voir resurgir en automne au moment où les feuilles fanées jonchent le sol. En dépit de cette déficience dans une cité s'attitrant de mémoire la notoriété du roman, il existe heureusement quelques bonnes volontés, à compter sur les doigts, qui maintiennent le cap de la survie. Si certaines d'entre-elles versent dans l'édition «conjoncturelle» par-dessus tout, il est des maisons dont il est «impardonnable» de dissimuler non pas pour leur appartenance à la province, mais parce qu'elles produisent régulièrement ! L'exemple convaincant est celui de la maison d'édition Média Plus qui s'était lancée un défi depuis plus de 15 ans : maintenir sa cadence des parutions. Tel est son pari ! La décennie noire n'a pas découragé cette boîte à livres d'investir le terrain avec la publication des nouvelles de Leila Aslaoui. dans une étendue de temps où la plume fut interdite. Pour cette rentrée, sa carte littéraire est étoffée de diversités, avec en prime des titres intéressant différentes sphères de lecture. En quelque sorte, sortir du ghetto de la rentrée littéraire classique et opter pour une pléiade d'écritures, un choix qui correspond aux besoins. Cette omniprésence de Média Plus ne vient pas, sans nul doute, «masquer» les carences locales en édition, mais faire tomber les masques des bricoleurs du livre sous toutes leurs formes.

Une rentrée multi-livresque
Ainsi, «pour la saison éditoriale des éditions Média Plus», 9 nouveaux ouvrages seront au menu. Ils portent sur l'histoire, la fiction. soit une collection qui vient meubler une demande incessante de ces types d'ouvrages. Concernant les romans, les Matins de Jénine, de Susan Abulhawa, traduit de l'américain par Michèle Valencia, étrennera la rentrée littéraire. «Poignante et déchirante, cette histoire est pour tous ceux qui désirent comprendre la catastrophe palestinienne, non seulement par l'esprit, mais avec le cour aussi», in Palestine Chronique. Un second roman intitulé Haschisch de Yousef Fadel, traduit de l'arabe par l'auteur, sera aussi en vente incessamment. L'auteur casablancais est un homme de théâtre. Venu au roman dans les années 1990, il écrit aussi pour le cinéma. «A l'ère des harraga est un roman qui prend un relief saisissant. Roman des harraga mais aussi poème de la vie.» En matière de publications sur l'histoire, Média Plus «revisite» les événements du 17 octobre 1961 avec Paris 1961, les Algériens, la Mémoire et la Terreur d'Etat, écrit par Jim House et Neil Mac Master. Deux historiens britanniques qui reviennent sur les massacres d'Algériens. En s'appuyant sur les archives inédites, de sources orales, de journaux et tracts, «ils déjouent l'histoire officielle française».

Toujours dans le sillage historique, Alain Gresh et Dominique Vidal, des plumes de premier plan du Monde diplomatique «dissèquent avec scrupule et honnêteté intellectuelle le plus grand drame du XXe siècle», l'ouvrage est titré Palestine 1947, un partage avorté. Crimes et réparations, de Bouda Etemad, paru initialement chez André Versailles, interroge «l'Occident face à son passé colonial». Média Plus clôture temporairement son volet histoire avec les 100 Discours qui ont marqué le XXe siècle, écrit par Hervé Broquet, Catherine Lanneau et Simon Petermann. En essais, Tu ne parleras pas ma langue, de Abdelafattah Kilitto, est traduit de l'arabe par Francis Gouin. «Un essai qui voyage dans les contrées des grands auteurs arabes classiques pour enfin retrouver le point de convergence avec l'Occident ». En plus d'un manuel de journalisme d'Yves Agnès riche de plus de 400 pages, qui traite de la profession journalistique, et «mis à jour et complété (avec l'aide de l'Ecole supérieure de journalisme de Lille)». Le Système migratoire euro-méditerranéen, de Stéphane de Tapia, paru aux éditions du Conseil de l'Europe en 2008, est également présent dans cette sélection de Média Plus.


El Watan - 15 février 2010

Éditions Média-plus: Deux ouvrages traduits en arabe

Média-Plus vient de faire paraître deux ouvrages traduits en langue arabe : L'élève et la Leçon, roman de Malek Haddad et La ferme Ameziane, une enquête sur un centre de torture à Constantine pendant la guerre d'Algérie signé par Jean-Luc Einaudi. ces deux publications ont été réalisées avec le soutien du ministère de la Culture.

L'élève et la Leçon a été réédité en langue française par Média-Plus en 2003, puis en 2008 (marquant le 30e anniversaire de la mort de Malek Haddad), ce roman vient d'être traduit par Charef Eddine Chokri après une première traduction réalisée dans les années soixante par le Syrien Samy el Douroubi. Le texte de 4e de couverture : Idir Salah a soixante ans. Médecin parce qu'il aime les hommes, il lui faut annoncer à un ami qu'il est condamné. A son retour, sa fille Fadila lui reproche d'avoir quitté l'Algérie et lui annonce qu'elle est enceinte d'un étudiant, Omar. Dans ce monde en folie, elle refuse l'enfant qu'elle porte. Elle exige de son père qu'il l'aide et qu'il cache son amant recherché pour ses activités politiques.

C'est le temps de la guerre, le temps de la fureur. Idir Salah est souvent confronté à lui-même, à son passé, à cette vie qui a pour lui un goût de cendre, à son enfant qui lui demande l'impossible, à cette Algérie qu'il porte toujours dans son cour. Qui sera l'élève, et quelle sera la leçon de cette nuit où un vieillard et une jeune fille s'affrontent ? La Ferme Ameziane de Jean-Luc Einaudi, publié en 1993 par les éditions Média-Plus, enquête sur un centre de torture pendant la guerre d'Algérie. Il vient d'être traduit pour la première fois en langue arabe par Rabah Haliss et Nadjib Touaïbia chez le même éditeur. Le texte de 4e de couverture : la torture est la grande et dérangeante question de la guerre d'Algérie. Sous la IVe puis sous la Ve République, elle fut pratiquée par des policiers et des militaires français et ses techniques furent enseignées.

Elle fut institutionnalisée, avec ses lieux de détention spécialisés. Elle devint la méthode courante de recherche du renseignement. Inévitablement, cela mena à la barbarie. Cependant, la France officielle nia son existence, continuant à afficher à la face du monde sa prétention à être le porte-parole des droits de l'homme. L'auteur a enquêté sur ce qui fut l'un des plus importants et des plus terribles centres de torture que connut l'Algérie, la ferme Améziane, à Constantine. Un tribunal français a jugé et condamné le gestapiste Klaus Barbie. C'est justice. Mais le commandant de la ferme Améziane ne comparut jamais devant un quelconque tribunal. Il poursuivit, au contraire, sa carrière d'officier dans l'armée française.


El Watan - 25 avril 2010

Rachid Boudjedra à Média-plus : « Albert Camus n'est pas Algérien »

C'est face à un public venu nombreux hier, à la librairie Média-Plus, pour la séance de signature de son dernier roman Les figuiers de Barbarie, que Rachid Boudjedra, s'est prêté avec une grande affabilité à dédicacer son livre.

Des lecteurs constantinois de tout âge, étaient très heureux de se retrouver un temps avec cet auteur apprécié. Rachid Boudjedra saisira cette occasion pour annoncer qu'il va lui-même se charger de traduire en langue arabe Les figuiers de Barbarie. Après ce roman, cinquième d'un contrat avec les éditions Grasset et Fasquelle, Rachid Boudjedra déclare vouloir revenir à l'écriture en langue arabe. Répondant à quelques questions, l'écrivain dira, à propos de la littérature algérienne d'aujourd'hui, qu'une nouvelle littérature est bien en place et dans les deux langues.

Citant quelques noms d'auteurs dont il a apprécié les romans, R. Boudjedra parlera de M. Benfodil pour l'écriture en français et Moufdi Bachir et Zohra Dik pour celle en arabe. Cependant, l'écrivain qui a le plus attiré R. Boudjedra, reste Sensal avec notamment Le serment des barbares qu'il considère comme « un chef d'ouvre », disant que « c'est la première rupture avec l'ouvre de Boudjedra dans la littérature algérienne ». Ajoutant bien des choses, l'écrivain dira entre autres que « Albert Camus n'est pas Algérien, il a seulement écrit dans un décor algérien » et que « ce qu'écrit Yasmina Khadra est un travail de journaliste. »

Par Djamel Belkadi

Liberté Algérie - 9 mars 2014

PORTRAIT.

Yassine Hannachi

Par : Hamid GRINE

Quand je l'ai connu dans sa bonne librairie Média Plus de Constantine, il avait alors cette énorme moustache frémissante qui lui barrait tout le visage en lui donnant un air sévère. Il parle, et on devine tout de suite qu'il est sorti d'un livre de Maupassant. Tenez, ne cherchons pas loin : Bel ami. Avec cette réserve : ce n'est ni un séducteur ni un manipulateur. Manipulateur, si, un peu quand même, beaucoup : il manipule les livres avec un tel amour qu'on se dit qu'il les aime trop pour ne pas coucher avec.
Ou carrément manger, ce qui est conseillé, semble-t-il pour les ulcéreux. Je n'ai jamais vérifié cette confidence qui m'avait été faite par un gastro amoureux fou des livres. Il a fini sa vie fou tout court, entouré de livres et d'araignées. Ce n'est pas le cas de Yassine. Il a les pieds sur terre. Et il préfère la bonne chère aux livres. Il mange comme deux. Et boit comme quatre. De l'eau, je vous le jure. Avant de devenir l'une des figures du livre et de la culture à Constantine, Yassine a fait d'abord des études de médecine vétérinaire.
La fréquentation des animaux lui a appris qu'ils sont meilleurs, pour l'essentiel, que nous autres animaux à deux pieds, à mille bêtises et mille ruses. De cette période, il gardera un grand amour pour l'espèce animale. Et une grande méfiance pour l'espèce humaine. Le voilà prof de lycée, le voilà tâtant du journalisme, le voilà libraire. Avant de devenir éditeur des coups de cour. Et c'est dans la librairie qu'il éclate au milieu des livres qu'il couve avec une tendresse toute paternelle. Sa librairie Média plus deviendra, au fil du temps, la référence en la matière à Constantine et aussi le RDV incontournable des intellectuels et des amoureux des livres. Les plus belles plumes algériennes ont signé chez lui. Il leur offre le gîte, le couvert et l'humour.
Pour avoir partagé quelques moments avec lui, je peux dire qu'ils furent conviviaux et passablement enfumés. L'homme fume avec un plaisir non dissimulé et vous enfume avec le même plaisir. Pour un asthmatique, il est déconseillé de dîner avec Yassine. Je le suis. Pourtant, j'ai pris ce risque. Je m'en suis sorti avec quelques toux et les vêtements sentant la cigarette blonde. Parce qu'il n'aime que les blondes. Je parle de cigarettes évidemment. Pour le reste, y a pas plus fidèle mari que lui. Généreux, Yassine ne répugne pas à faire des ristournes aux étudiants et, parfois, quand il voit un jeune ou moins jeune tourner autour d'un livre, le peser, le soupeser, le humer, l'ouvrir puis le fermer, il devine tout de suite que cet amoureux n'a pas de quoi s'offrir l'objet de son amour. Que fait-il ? Il le lui offre. Passionné de littérature et encore plus par le genre humain, Hannachi ne sait ni biaiser ni ruser. Il est
d'une pièce. Ce qui le touche, il le dit sans fioritures. En cela, il est bien algérien. Mais un Algérien qui avance. Et ça dérange un Algérien qui avance.


El Watan - 17 avril 2015