Alfred Nakache


U
ne des figures les plus connues de la natation constantinoise est certainement Alfred Nakache.

Né à Constantine le 18 novembre 1915 - Décédé à Cerbère le 4 août 1983.
Le "nageur d'Auschwitz"

Parution en 2009 d'une biographie d'Alfred Nakache

Alfred Nakache, le nageur d'Auschwitz
par Denis Baud

Nouvelles Editions Loubatières
21 juillet 2009

Alfred Nakache, le nageur d'Auschwitz
un film de Christian Meunier
2001

La société Doriane Films vient d'éditer le film sur Alfred Nakache intitulé ALFRED NAKACHE, le nageur d'Auschwitz.

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De nombreuses pages concernant Alfred Nakache sont disponnibles sur Internet
Voir la page Wikipédia

 

Alfred Nakache fait vers l'age de 8 ans ses premières brasses dans les bassins de Sidi M'Cid.
"Celui qu'une certaine presse accusera de souiller les piscines françaises parce que juif, est venu à la natation autant par fanfaronnade que par mimétisme envers son idole, Jean Taris. De son parcours sportif il n'a rien à lui envier : quinze titres de champion de France, deux d'Europe, une 4ème place aux JO de 1936 et en 1941, soit 2 ans avant son arrestation, le titre de champion du monde du 200m brasse.
Même au coeur de l'horreur, à Auschwitz, Alfred Nakache sait se conduire en champion, n'hésitant pas à plonger dans un réservoir d'eau glauque pour faire une démonstration de natation et distraire ses codétenus.
A son retour du camp de la mort, Nakache n'aura de cesse de s'entrainer à nouveau dans son club de Toulouse et de remonter sur les premières marches du podium."

En 1983, lors de son kilomètre quotidien de natation dans le port de Cerbère, il est pris d'un malaise et meurt sur la plage. Sur sa tombe il avait demandé que l'on joigne à son nom celui de sa femme Paule et de sa fille Annie. Sa famille rajouta : "Homme de cour et de rayonnement, tu restes un guide pour tous.

De nombreuses piscines portent son nom.

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Le Parisien - 16 mai 2019

Qui était Alfred Nakache, «le nageur d'Auschwitz» ?

Alfred Nakache, ici en 1946, a remporté un titre de champion de France, un an seulement après avoir survécu aux camps de la mort. AFP

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Une vidéo sur son histoire

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Le champion français, survivant de la Shoah, intégrera dans quelques jours le panthéon de la natation mondiale à Fort Lauderdale en Floride, aux Etats-Unis.

Longtemps oublié, Alfred Nakache deviendra ce week-end à Fort Lauderdale (Floride) le neuvième nageur français intronisé au Temple de la renommée de la natation mondiale, 36 ans après sa mort.
Né en 1915 à Constantine en Algérie, Alfred Nakache grandit dans une famille juive de onze enfants. Pour vaincre sa phobie de l'eau, « Artem », son surnom, plonge dans la piscine. Son frère Robert se souvient, dans un documentaire de Christian Meunier, de ceux qui lui ont fait aimer la natation. « Tout jeune, il détestait l'eau. Grâce à deux militaires basés à Constantine qui avaient participé aux Championnats de France de natation, il a réussi à aimer la natation. »
À 16 ans, il devient champion d'Afrique du Nord et traverse la Méditerranée trois ans plus tard pour participer aux Championnats de France de natation. Deuxième du 100 m nage libre derrière la légende Jean Taris qu'il rejoindra au Hall of Fame de la natation mondiale , Nakache s'installe en France pour pleinement se consacrer à la natation au Racing club de France. En 1939, il sort major de sa promo et devient professeur d'éducation physique au lycée Janson-de-Sailly à Paris.

Dans l'horreur des camps de la mort

Déchu de sa nationalité et de son poste de professeur par le régime de Vichy en 1940, « Artem » rejoint la France libre et se réfugie à Toulouse (Haute-Garonne) avec sa famille. Avec son nouveau club, les dauphins du TOEC, Alfred Nakache continue de performer. En 1941, il décroche le record du monde du 200 m brasse. Un an plus tard, il remporte cinq titres de champion de France sur 100 m, 200 m, 400 m nage libre, 200 m brasse et relais 4 x 200 m nage libre.
Mais la guerre va briser son élan. Arrêté par la Gestapo à la fin l'année 1943, Alfred est déporté à Auschwitz avec sa femme Paule et sa fille de deux ans, Annie. Sans nouvelles d'elles pendant des années, il apprendra plus tard qu'elles ont été gazées à leur arrivée au camp.
Connu des officiers SS, le champion doit subir les humiliations de ses tortionnaires. Il doit repêcher un poignard avec les dents au fond du bassin de rétention d'eau. En signe de résistance, le nageur organise avec ses camarades des baignades dans les réservoirs à incendie du camp. Face à l'avancée des troupes soviétiques, les déportés du camp d'Auschwitz sont évacués vers Buchenwald. Commencent alors les marches de la mort. Une fois libéré, Alfred retourne dans le Sud de la France.

De Berlin à Londres, le rêve olympique brisé

Le Français possède une histoire tourmentée avec les Jeux olympiques. En 1936, le nageur juif participe aux JO de Berlin organisés par le régime nazi. En finale du relais 4 x 100 m, il prend avec ses camarades la 4e place juste devant l'Allemagne sous les yeux d'Hitler.
La Seconde Guerre mondiale vient ensuite briser les rêves olympiques du champion, au sommet de sa carrière. À la Libération, Alfred Nakache ne pèse plus qu'une quarantaine de kilos soit la moitié de son poids d'origine. Il retrouve sa ville de Toulouse et découvre que sa piscine porte son nom depuis 1944, tout le monde le croyant mort.
Mais le rescapé se reconstruit grâce au sport et conquiert un nouveau titre de champion de France en 1946. Deux ans plus tard, il participe à ses deuxièmes JO à Londres en natation, mais également en water-polo, sans décrocher de médaille.
Une vie tournée vers l'eau qu'il achèvera en 1983. Après son kilomètre quotidien dans le port de Cerbère dans les Pyrénées-Orientales, le nageur s'écroule et meurt d'un malaise cardiaque à 67 ans.
Alfred Nakache obtient à titre posthume en 1993 le trophée du grand exemple au Musée international du sport juif en Israël. En France, de nombreuses piscines portent son nom à Toulouse, Nancy, Montpellier, Paris. Dans quelques jours, le monde de la natation l'élèvera officiellement au rang de légende.

Laurent Vignasse

ARTEM, le poisson

Alfred NAKACHE, plus connu sous le nom de Artem dans les milieux de la Natation, est né le 18 novembre 1915 à Constantine (Algérie). Il est le deuxième des onze enfants dans une famille juive traditionaliste. Sa carrière sportive s'étale de 1930 à 1952 mais il continue à nager pour les Dauphins du Toec plusieurs années encore.

  • 1931 Il remporte son premier Trophée avec le titre de Champion d'Afrique du Nord
  • 1934 Il rejoint Paris et sous les couleurs du CN Paris il devient avec Jean Taris le meilleur nageur de France en nage libre
  • 1936 Artem représente la France aux Jeux Olympique de Berlin dans l'équipe du 4 X 200 M NL avec TALLI, DESBONNET et CAVALERO. Il participe victorieusement aux championnats du monde universitaires.
    Au lycée Janson de Sailly de Paris, il fait la connaissance d'un nageur hongrois TUMPEK qui l'encourage à faire de la brasse papillon. Il se promet de détrôner les brasseurs de l'époque, nageurs de triste mémoire
  • 1940 Alfred rejoint Toulouse après avoir été mobilisé dans l²aviation et nage sous les couleurs des Dauphins du Toec avec Alban Minville comme entraîneur.
  • 1941 Alfred bat à Marseille
    • le record du Monde du 200 M Brasse papillon
    • le record d'Europe du 100 M Brasse papillon
  • 1942 avant l'occupation complète de la France par les nazis, il remporte aux championnats de France quatre titres individuels :
    • 100m et 200m Nage Libre
    • 100m et 200m Brasse et Trois titres en relais avec le Toec

Un record jamais égalé par un autre nageur

Mais son origine juive lui cause des problèmes, lors de la tournée Jean Borotra, il est l'objet à Oran et à Alger de discrimination raciale : il est à noter l'immense solidarité des autres nageurs qui refusent de nager si Alfred n'est pas avec eux dans le bassin.
Les Dauphins du Toec ont la même réaction lors des Championnats de France en 1943.

Alfred, Paule son épouse et Annie leur fille se sentaient protégés à Toulouse mais les nageurs de triste mémoire, dont il a été question plus haut, miliciens de surcroît dénoncent Alfred et sa famille à la Gestapo. Ils sont tous trois arrêtés en décembre 1943, déportés à Auschwitz en janvier 1944.Malheureusement, Paule et Annie âgée de 2 ans, ne reviennent pas des camps de la mort.
Alfred rentre à Toulouse diminué physiquement, (il ne pèse plus qu'une quarantaine de kilos), et psychologiquement (son épouse et sa fille ne sont plus là). Artem dont la force de caractère est immense revient à la vie. Il le doit à ses grands amis nageurs du Toec, à celle qui fut sa seconde épouse Marie, à certains membres de sa famille qui ont rejoint Toulouse mais et surtout à la Famille JANY : Jules, Cathy, Alex et Ginette. Je peux affirmer aujourd'hui que toute la famille Nakache leur est éternellement reconnaissante.
  • 1946 Alex JANY, Alfred Nakache et Georges Vallerey battent le record du Monde du 3 x 100m Trois Nages
  • 1948 Alfred participe aux Jeux Olympiques de Londres au 200m Brasse Papillon et en Water-Polo.

Alfred est un symbole de fidélité envers sa famille, ses amis et ses clubs : La JN Constantinoise, le Cn Paris et les Dauphins du Toec.

  • 1993 il obtient à titre posthume le trophée qu'il aurait souhaité recevoir en mains propres : le trophée du « Grand Exemple » donné par un athlète de réputation mondiale pouvant servir de « modèle » dans le sport. Ce trophée lui est décerné en Israël au musée du sport juif international.
    Alfred meurt le 4 août 1983 alors qu'il nageait dans le port de Cerbère.


En mon nom et au nom des membres de ma famille je remercie le Comité Régional Midi-Pyrénées de Natation pour son action de Mémoire et émets le souhait de longue vie au Meeting Alfred Nakache.

Robert Nakache

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Ici devant la piscine Olympique de Sidi M'Cid à Constantine et avec le Coq de l'équipe de France.

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Quelques coupures de presse


Match 21 jullet 1938

Journal L'Auto 7 juillet 1941



Tous les sports n°2 du 12 juillet 1941


Journal L'Auto 14 août 1941



Miroir des sports 15 septembre 1941


Paris Soir 17 février 1942

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Alfred et Paule Nakache

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Alfred en compagnie des nageurs de l'équipe de France


Equipe de France du Relais 4x200 qui termina à la quatrième place aux Jeux Olympiques de Berlin en 1936.
De gauche à droite Jean Taris, René Cavalero, Alfred Nakache ( locomotive de l'équipe) , Christian Talli en compagnie de leur entraîneur Georges Hermant.


Une autre photo de l'equipe de France de natation.
De gauche a droite : Georges Vallery - Alex Jany- Alban Minville - Alfred Nakache - Joseph Castex.

Georges Vallery, Alex Jany et Alfred Nakache ont battu le record du Monde du 3X100 m nage libre en 1946.


Toutes photos et documents d'Alfred Nakache collection Jacques Nakache

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Voici - 28 septembre 2009

FILM
Laure Manaudou : la famille Nakache n'en veut pas !

Laure Manaudou et Frédérick Bousquet se voyaient déjà en haut de l'affiche, campant le rôle des époux Nakache, des nageurs juifs déportés pendant la guerre ? Ben c'est non. La famille des disparus s'y oppose fermement.

On a vu Laure Manaudou incarner une nageuse dans le film « Le Coach » ? On ne la verra pas dans celui consacré à la vie d'Alfred Nakache. Alfred Nakache, c'est le plus grand nageur français de tous les temps déporté au cours de la 2ème guerre mondiale avec son épouse Paule et sa fille Annie, qui elles, mourront dans les camps.

Devant le raout provoqué par ce projet dans la presse, la famille du champion s'est officiellement exprimée pour s'opposer fermement à la participation de Laure Manaudou et de son compagnon Frédérick Bousquet dans un éventuel projet retraçant la vie de l'illustre sportif.
Dans une lettre adressée à la rédaction de L'Equipe , Robert Nakache, un  des frères d'Alfred a déclaré : "Nous tenons à affirmer que nous n'avons jamais eu le moindre contact avec ces personnes [Laure Manaudou et Frédérick Bousquet, ndlr] ou leur représentant et que si cela devait se produire, nous leur opposerions un refus catégorique et définitif. Si un jour un film devait se faire, avec notre accord, nous veillerions à ce qu'il se réalise dans le respect, la moralité et la personnalité d'Alfred, de Paule et d'Annie." Autrement dit, en trouvant des acteurs, des vrais, qui représentent plus fidèlement ses ancêtres. Ça a le mérite d'être clair.

J.D.